Historique

A. Les pionnières

La fondatrice : Marie POPELIN

La première organisation féministe de Belgique a été fondée en 1892 sous le nom de la Ligue du Droit des Femmes. Son origine immédiate fut ce que l’on a appelé la fameuse affaire Popelin où la professeure et juriste Marie Popelin s’était vue refuser son inscription comme avocate au Barreau.

Marie Popelin, Louis Franck (Avocat) et Isala Van Diest (la première femme médecin) furent les animateurs les plus connus de la Ligue.

Marie Popelin a aussi été très active dans le mouvement féministe international. En 1897, elle a organisé le congrès international à Bruxelles. C’est à partir de là que les déléguées du Conseil International des Femmes de Belgique ont décidé de réunir leurs forces dans un organe national.

Un premier essai dans cette direction fut réalisé en 1902 avec la création de l’Union féministe Belge qui essayait de mettre ensemble un front commun de toutes les organisations de femmes au delà de leurs tendances politiques et philosophiques. Cette Union ne connut que peu de succès et disparut très vite.

En 1905, Marie Popelin réussit enfin à rassembler les différentes tendances féministes belges en une seule organisation : le Conseil National des Femmes BelgesNationale Vrouwenraad van Belgïe. Ce Conseil est issu de la Ligue des Droits des Femmes, de l’Union des Femmes Belges contre l’Alcoolisme et de la Société Belge pour l’amélioration du sort des femmes.

Les statuts du CNFB ont été publiés le 30 janvier 1905.

B. Premières victoires des féministes et du CNFB

Vote de la proposition de loi autorisant la recherche de la paternité (1908), volonté d’améliorer le sort des femmes et leurs conditions de travail, militance pour la paix, instruction obligatoire pour tous et combat pour l’obtention du suffrage universel.

  • Droit d’être témoin dans des actes civils, d’entrer dans des conseils de famille et d’être tutrice ;

  • Eligibilité des femmes et droit d’élire dans les Conseils de Prud’hommes ;

  • Entrée des femmes dans la Commission d’Assistance Publique (futurs CPAS) ;

  • Les premiers syndicats seront féminins. Victoire Cappe consacre toute sa vie à l’éducation sociale et politique des femmes en milieu ouvrier.

En 1913, mort de Marie Popelin sans avoir pu s’inscrire au Barreau (la loi ne le permettra qu’en 1922).

Le CNFB regroupe alors 11 associations féminines. Léonie Lafontaine, qui succède à Marie Popelin, se bat pour la paix, Jane Brigode pour l’obtention du suffrage universel, Marie Parent se bat contre l’alcoolisme.

Pendant les 4 ans de la guerre 14-18, l’activité du CNFB est suspendue.

C. Les combats

Dès la fin de la guerre, le CNFB, s’ouvre aux femmes de tous les milieux et de toutes les opinions. Malgré l’obtention du suffrage universel, le vote des femmes est alors réservé aux veuves et aux mères de militaires ou civils tués par l’ennemi et aux prisonniers politiques. Mais en 1921, les femmes prennent part aux élections communales et deviennent éligibles au Sénat (Première femme sénatrice cooptée : Madame Spaak-Janson).

Le Conseil sommeille jusqu’à l’élection en 1935 de Marthe Boël, qui restera présidente jusqu’en 1952. Elle va devenir vraiment la cheville ouvrière de l’émancipation des femmes. Elle s’intéresse à tous les aspects de cette émancipation tant recherchée : l’accès des femmes à toutes fonctions et à toutes les professions, le principe du salaire égal pour un travail de valeur égale, le développement plus large de l’enseignement technique supérieur pour les filles, une meilleure compréhension et cohésion féminine sur le plan national et international.

Durant la guerre 40-45, le CNFB est mis en veilleuse, mais le travail et les contacts de sa Présidente aboutiront à plusieurs projets de réforme de l’Enseignement Normal Supérieur.

Après la guerre (en 1948) grâce à l’action du CNFB, vote de la loi permettant aux femmes d’avoir accès à la Magistrature, extension de la capacité civile de la femme mariée, réforme de l’Enseignement moyen des filles.

24 mars 1948 : vote quasi unanime du droit de suffrage pour les femmes aux élections législatives.

Le CNFB déploie ses activités dans de nombreux domaines, son dynamisme se traduit dans le travail de commissions permanentes, de conférences (à partir de 1950). Il obtient un certain nombre de résultats tant au niveau de l’accès à toutes les professions qu’au principe de l’égalité de salaires.

En 1966, la Baronne Maya JANSSEN prend la relève. Avec elle, le CNFB se renouvelle et de nombreuses jeunes membres rejoignent le mouvement. La décennie des « Golden Sixties » se montre aussi favorable à l’aboutissement d’actions antérieures. Les femmes nombreuses à entrer dans la vie active, accèdent à toutes les professions y compris celles des secteurs traditionnellement réservés aux hommes : juge, magistrat, commissaire de police, professeur à l’Université, architecte, officier de marine, responsable de relations publiques, greffier…

Mais malgré cette heureuse évolution, les 3000 ouvrières de la Fabrique Nationale de Herstal partent en grève le 16 février 1966 pour 11 semaines, soutenues par de nombreuses associations féminines dont le CNFB. Leurs revendications portent avant tout sur l’application immédiate de l’égalité de salaire avec celui des hommes, prévue par l’article 119 du Traité de Rome.

Un autre thème abordé dans ces années-là est celui de la problématique de la drogue. L’avortement donne lieu, lui aussi à de nombreux colloques et séminaires et à une enquête parmi ses membres.

Si dès 1969, le bilinguisme s’instaure dans les assemblées, c’est en 1974 que le CNFB se scinde en deux branches : l’une francophone, l’autre néerlandophone. L’A.S.B.L. nationale est dissoute. Chacun des deux conseils a son autonomie et ses méthodes d’action mais des rencontres de concertation ont lieu régulièrement spécialement pour ce qui concerne le travail au sein du Conseil international des Femmes (CIF) et plus tard du Lobby européen des femmes (LEF).

Alors que Colette DUBOIS était toujours présidente nationale, Elza DE BOECK (de 1975-1978) a été la première présidente de la branche francophone du Conseil National des Femmes Belges.

Les présidentes suivantes lui ont succédé :

Fanny FUKS, de 1978 à 1984.

Huberte HANQUET, de 1984 à 1990.

Jacqueline ALIXIN, de 1990 à 1996. (changement d’intitulé en « Conseil des Femmes Francophones de Belgique »)

Anne-Marie LIZIN, de 1996 à 2002.

Magdeleine WILLAME-BOONEN, de 2002 à 2010.

C’est à présent Viviane TEITELBAUM qui est présidente du CFFB.