Reculs IVG en Grèce 2017

Le droit à l'avortement en danger en Grèce !

Fotoula Ioannidis, 15/8/2017

Dans l'unique hôpital de l'île de Samos, plusieurs médecins anesthésistes ont refusé collectivement de pratiquer des anesthésies à des femmes venues pour des interruptions volontaires de grossesse en prétextant des "raisons de conscience".


Nous refusons qu'il soit remis en cause comme le stipule la Charte http://www.abortionright.eu/charte/.

En Grèce comme en Italie, le droit à l'avortement, même s'il est légalisé, est aujourd'hui remis en question par le maintien de la clause de conscience des médecins.

Dans un communiqué que ces médecins ont envoyé à la direction de l'hôpital de Samos, ils déclarent s'abstenir pour les avortements tant que les femmes ne courent pas de risques graves pour leur santé. Ils invoquent l'article 31 de la loi 3418/2005 (code de déontologie du médecin), qui prévoit que le «médecin peut invoquer les règlements et les principes de conscience éthique et refuser d'appliquer des prescriptions ou de participer à des procédures d'interruptions médicales de grossesses, à moins qu'un risque urgent et inévitable pour la vie de la femme ou sa santé ne soit constaté. Selon la direction de l'hôpital, celle-ci ne disposerait d'aucun moyen légal pour les obliger à participer aux interruptions volontaires de grossesse !

L'accès à l'avortement est un droit fondamental des femmes : seules maîtres de leur corps, de choisir de leur vie, de poursuivre une grossesse (ou pas) !
Ce refus de la part de ces médecins est un grave déni du droit des femmes à décider d'avoir ou non un enfant, une limite de l'accès à la santé des femmes. La crise économique qui sévit en Grèce depuis plus de 10 années a quasiment détruit le système de santé du pays : baisse de 50% du budget santé, des centaines de fermetures d'hôpitaux et centres médicaux de proximité, une absence de structures hospitalières adéquates, la suppression de milliers de postes de travail, la suppression des centres pratiquant l'avortement hors des structures hospitalières, le manque de matériel, de médicaments, la réduction drastique du remboursements des frais médicaux, etc.

Le refus de l'ivg pénalise les femmes les plus précarisées !

A Samos ou ailleurs en Grèce, ce sont les femmes les plus pauvres qui subissent les répercussions du refus des médecins de ne pas pratiquer les avortements! La crise économique en Grèce depuis 2007 a frappé durement les femmes : le taux de chômage féminin s'élève à +/-30%, les salaires ont fortement baissé:+/-600€, les allocations de chômage ne sont accordées que pour une année seulement, 25% de Grec-que-s (3 millions) n'ont plus de couverture de santé, 2,5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté dont un très grand nombre de femmes!
L'avortement doit être accessible à toutes les femmes
Cela suppose une accessibilité géographique, financière... ainsi qu'un accompagnement des femmes et des hommes qui le souhaitent.
L'hôpital général d'Agios Panteleimonas est le seul centre hospitalier de l'île de Samos et des îles voisines, Samos est une île très lointaine d'Athènes, la capitale grecque. Ainsi, les femmes de Samos et des nombreuses îles voisines, qui décident de ne pas poursuivre leur grossesse, n'auront pas d'autre choix que se rendre à Athènes, voyage qui nécessite des frais élevés de transport (avion ou bateau), des frais médicaux plus chers, des frais de séjour, délais d'attente très longs .... Elles n'auraient donc pas d'autre choix que recourir aux avortements clandestins comme dans le passé et mettre leur santé en danger !

L'avortement est un choix personnel : cette liberté de choix doit être protégée.

L'accès à la contraception et à l'avortement sont des questions de santé publique et des enjeux de société. Quelques médecins ne peuvent pas prendre des femmes et leur santé en otage. L'hôpital de Samos doit tout mettre en place pour rendre l'avortement accessible à TOUTES les femmes. En Grèce et partout dans le monde, le droit à l'avortement, la liberté des femmes de choisir de poursuivre une grossesse ou non, est un acquis.

Protestons massivement contre ce refus des médecins de l'île de Samos en envoyant de nombreuses lettres -- e mails -- messages


Ambassade de Grèce
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