Commissions d’expertes - Santé

Les commissions « d’expertes »

Santé

Secrétaire de commission : Monique Bargibant.

Le Conseil des femmes ne pouvait rester insensible face aux inégalités de santé et de soins dont pâtissent encore trop de femmes.
C’est pourquoi une Commission « Santé » s’est penchée ces dernières années, sous la présidence de Chantal Couvreur, sur une approche sexo-spécifique de la santé et des soins. Au cours de l’année 2008-2009, cette Commission a évoqué les dangers des dons d’ovules, les répercussions du travail sur les grossesses, les problèmes de santé des femmes âgées et les affres de l’incontinence urinaire. Enfin, la Commission a choisi en 2009 « la douleur » comme thème de l’année.

Après avoir écouté des conférenciers (Dr. Berquin, Prof. Guérit) et dépouillé la littérature internationale, la Commission a rédigé un dossier "Les femmes négligées …par la médecine ?" , qui a été approuvé par des autorités médicales en ce domaine. Ce rapport a été transmis aux instances politiques concernées, à la Fondation Roi Baudouin et à la presse.

La Commission a également organisé par le passé des colloques, notamment au Sénat, et anime des concertations avec des spécialistes dans divers domaines.

La Belgique est un des pays où le nombre de femmes touchées par un cancer du sein est le plus important. Pour tenter de réduire ce nombre, la Commission  vient d'éditer en collaboration avec la Fondation contre le cancer, une check-list afin de permettre aux femmes de voir très rapidement comment réduire ce risque personnellement.

La commission a choisi pour thème en 2015 la santé des mères de grands prématurés.

 En Europe, en 2010, le taux de prématurité se situe entre 5 à 10%. Avec un taux de prématurité d'environ 8%, la Belgique se place globalement dans la moyenne européenne. Environ 11.000 bébés y naissent prématurément dont 1.500 grands prématurés de moins de 32 semaines. Les séjours prolongés à l'hôpital et les soins consécutifs à toutes les séquelles de la prématurité entrainent des coûts importants pour la santé publique et pour la sécurité sociale ainsi que des coûts indirects pour la société.

Chez la femme, on peut identifier plusieurs facteurs de risque: âge inférieur à 18 ans ou supérieur à 35 ans, tabagisme, alcoolisme, grossesses multiples, antécédent de nouveau-né prématuré, mauvaises conditions socio-économiques, stress, fatigue excessive liée au travail professionnel ou familial, déplacements quotidiens, position debout prolongée, certaines conditions médicales...

Les pratiques de soins aux bébés prématurés ont déjà bien progressé au cours de ces dernières années entrainant une diminution de la mortalité et de la morbidité des prématurés. Il reste cependant encore du chemin à parcourir.

Le mouvement de Soins de Développement est en marche, le NIDCAP commence à s'implanter en Belgique et le paysage de la néonatologie se transforme: le stress et la douleur de l'enfant sont pris en considération, la présence parentale se renforce, la pratique du bébé kangourou se répand, le cadre architectural se modifie. La durée de séjour à l'hôpital des prématurés peut être réduite s'ils sont hospitalisés dans une chambre permettant à la mère d'y séjourner avec son bébé.

La Commission 'Santé' a rédigé un Livre Blanc et émis un ensemble de recommandations qui ont été discutées lors d'un colloque organisé à Bruxelles le 13 novembre 2015, en présence :

- d'un expert suédois, le Pr B. Westrup, qui a participé à l'implémentation des chambres mère-bébé en Suède
- de Muriel Gerkens, députée fédérale, présidente de la Commission Santé de la Chambre
- des associations de parents de prématurés
- d'expertes belges, la Dr Marie-Paule Durieux, pédopsychiatre, psychanalyste, la Pr Dominique Haumont, néonatologue et la Pr Corinne Hubinont, spécialiste en obstétrique.
Les recommandations principales sont les suivantes :
- Favoriser le développement des chambres mère-bébé (couplet care)
Il est important de financer le développement des chambres mère-bébé dans les services néonataux pour permettre aux mères de prendre soin de leur bébé très précocement. Ce changement peut être difficile. Il dépend de la culture locale de chaque service de néonatologie mais aussi de la volonté des autorités pour instaurer ce changement.
- Allonger le congé de maternité des mamans de prématurés
Cet allongement, après le retour du bébé à la maison, permettra aux mamans de ne pas devoir éventuellement arrêter de travailler, cause d'une perte de revenus. Il favorisera aussi l'attachement au bébé dans cette période cruciale de son développement. De plus, les pédiatres déconseillent fortement la mise en crèche des grands prématurés beaucoup plus sensibles aux infections, entre autres bronchiolites responsables d'hospitalisations en soins intensifs.